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Le rôle de l’institution de soin dans le processus juridique.

Au-delà de la méthode, de l'habileté du psychologue ou du psychiatre et le contexte d'intervention, ce qui est primordial pour qualifier une l'action c'est l'intention de celui qui utilise ses outils. 
Dans le cadre de la délégation d’exécution de l’injonction de soin de la justice il arrive bien souvent que les psychiatres soient dans une posture qu'on pourrait appeler orthogénique c'est-à-dire de rechercher a ramener l’individu à une norme de comportement socialement acceptable. (la meilleure façon de marcher) alors, ce qui compte ce n'est pas tant d'aider le patient, soumis à une injonction et qui n'a rien demandé, à comprendre les mécanismes qui l'agissent  mais de le ramener à une norme sociale. C’est-à-dire que le diagnostic que fait le psy en ces conditions-là c'est un des diagnostics d'adéquation à une norme. Le comportement déviant dont le psy  n’a pas pu prendre le temps de décoder la logique interne et qu’il ne comprend pas, est définit comme étant une distorsion cognitive.

Nous pouvons admettre que quand on parle de « distorsion cognitive » c'est qu'on est bien dans l'adéquation a une norme. Si on était dans une démarche de thérapie il serait question d’amener le client a comprendre que tout comportement, même déviant, possède une intention d'utilité et que tant que le patient n'est pas conscient de l'intention d'utilité on ne peut pas l'aider à avancer. Mais dans le cas de l’injonction de soin nous ne sommes pas dans une situation de thérapie puisque la démarche est contrainte par la société sur injonction d’un juge. Qu’on utilise les outils de la psychologie pour influencer le système c’est certain mais qu’on soit en situation de thérapie c’est moins sûr. Le psychiatre est pris dans un biais de confirmation, tout ce que dit le client invité à la confession est entendue du point de vue de son crime. On n’entend pas la personne mais on écoute comment ce qu’il dit confirme qu’il est délinquant et comment il semble se repentir. A aucun moment l’institution chargée de gérer la confession n’est en situation ou ne se donne les moyens de valider ou d’invalider la prescription de la justice.

 on est bien dans une fonction orthogénique. Si l’accompagnant est dans une intention de ramener à une norme on est bien dans une démarche qu'on va trouver dans les thérapies de genre. Une démarche qui utilise la violence, même si c'est une violence symbolique, pour obtenir la confession et espérer aller vers l'adéquation à une norme comportementale.
Dans les démarches sous injonction, l'élucidation des stratégies inconscientes n'est pas un objectif en soi. C’est un moyen au service de l'adéquation à une norme sociale. la preuve en est que le champ de travail du psychologue ou du psychiatre et là où il y a transgression, même si son discours officiel est un discours psychologisant qui reconnait que la déviance peut etre le signe d'une souffrance, au fond l'intention qui préside à l'action du psychiatre qui répond à une injonction de soins de la justice c'est bien l'adéquation a une norme qui est sa mission, sinon il refuserait de travailler à partir des injonctions des juges qui ne sont pas les plus compétentes pour  établir un diagnostic et prescrire des soins.

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