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Du tabou au sacre: Consacrer l'interdit

Internet a levé le voile la question de la sexualité jusque-là couverte par des tabous sociaux puissants. Même si « on savait des choses » sur les comportements de certains individus par rapport à la sexualité, le non-dit l’emportait et il était encore possible ne pas penser collectivement la question. Ce dévoilement a transformé une problématique individuelle en une problématique sociétale. Une épidémie psychique[1] au sens de Jung. Grace (ou a cause ?) d’internet la boite de pandore a laissé s’échappé ce qui est en commun en matière de manque et de souffrance dans une société organisée et qui s’exprime au travers de la sexualité. Cette massification de la question a comme conséquence qu’on ne peut plus se contenter de se réguler en répondant aux déviances et transgression par de la répression individuelle. Si monsieur tout le monde devient déviant on ne va pas pouvoir mettre en prison monsieur tout le monde. il devient nécessaire de considérer la problématique comme une problématique sociétale et de trouver une réponse qui ne soit pas basée sur la sanction et l’enfermement. La sanction à un intérêt du point vue de l'individu tant que la transgression reste marginale. Mais elle cesse d’etre efficace sociétalement dès qu'on est dans des problématiques collectives.  Tant qu’internet n’avait pas mis de lumière sur la question de la sexualité on pouvait se contenter de maintenir le tabou comme ressource confortable et économique afin de contenir les souffrances. Mais le dévoilement de la question de la sexualité et ses conséquences désastreuses nous obligent à dépasser la solution paresseuse du tabou et à développer le sacré. Et c’est heureux.

 

Contexte

 

Il n'existe pas de société sans règles et donc sans interdits. L'interdit a pour finalité de protéger la communauté de la violence des individus envers les autres individus et la communauté.

L’interdit de l'inceste semble etre l'interdit fondateur de la plupart des sociétés humaines[2].

"Toutes les traditions religieuses du monde ont transmis un certain nombre de codes et de valeurs fondamentales. On ne peut pas se contenter d’assener ces interdits pour qu’ils soient effectifs. L’intégration de ces interdictions de meurtre, de vol, de mensonge ou de l'inceste nécessite un travail d’appropriation intime par chacun d'entre nous. Ce travail d’appropriation suppose de la part des adultes et éducateurs une capacité à produire un discours qui donne le sens de ces interdits.

La manière dont se structure l'interdit peut varier d'un moment à un autre de la vie d'un groupe ou d'une civilisation à l'autre.

On peut définir deux formes de présentation de l’interdit : le tabou et le sacré.

 

 

                  INTERDIT TABOU ET SACRE.

 

On ne peut interdire que ce qui est possible.

L’interdit c'est le possible défini comme impossible. Rien ne m’interdit de m’envoler comme superman parce que ce n’est pas possible. Par contre il m’est possible de tuer mon voisin et le fait que ce soit interdit protège le collectif des risques de violence interindividuelles.

 

- Le tabou c'est l'interdit maintenu inconscient, caché, impensé.

Le tabou fait de la transgression un crime. Sa transgression entraine un anathème, un rejet de la part du groupe sans qu'il n'y ait de tentative de comprendre ou d'expliquer. Paradoxalement le tabou comporte une part de violence faite à l'individu dans la mesure ou le fait d'etre impensé et non assumé condamne l'individu a l’auto-répression de sa pulsion.

Il fait comme si ça n'existait pas : il "donne le change".

Le problème du tabou est qu'il repose sur la peur et le non-dit et en ce sens, son contrôle échappe à l'individu qui ne peut pas de l'approprier.

Le tabou est l'interdit impensé et impossible a maitriser, qui inhibe l'action sans épuiser l'énergie qui la fonde et qu'on ne peut qu'enfermer dans la frustration.. Le fait que la violence sexuelle soit interdite n'empêche pas le désir de passage à l'acte. Le tabou maintient le désir caché dans l'intime ou inconscient jusqu'au moment où la situation conduit l'individu à décompenser dans un passage à l'acte incontrôlable. Le problème du tabou c'est qu'il empêche l'extériorisation du traumatisme. Il empêche que s’exprime d’une manière socialement acceptable  le besoin associé au manque et s’exprime sous la forme d’un désir souvent perverse. L'interdiction d'extérioriser fait que la personne retourne l'énergie contre elle-même. une énergie  qui devient autodestructrice et qui, comme appel au secours comme tentative ultime peut se retourner d'une manière violente vers l'extérieur sous la forme d’une agression de l’autre. Les féminicides sont souvent l’expression de cette souffrance intolérable qui faute de pouvoir s’exprimer dans sa réalité s’extériorise de manière perverse dans un moment ou la pression sur le mental est trop forte et conduit la personne a décompenser.
 

Avec le tabou l'énergie du désir n’est pas épuisée, elle reste contenue sans possibilité d'expression[3]. Qu’on le veuille ou non, l'énergie de la pulsion de vie est là. Alors que le tabou ne laisse la place qu'à la frustration. Il ne permet pas d'autres alternatives comme exutoire de la pulsion trop longtemps contenue, que l'usage de la violence contre soi ou contre l'autre. en ce qui concerne les questions de la sexualité et de l'enfance les récentes affaires nous permettent de faire l'hypothèse que la transgression d'un interdit tabou peut se réaliser tant que "ça reste caché". Le problème du tabou c'est qu'il empêche l'extériorisation du traumatisme. Il interdit donc la prise en charge et l’intégration du traumatisme. Il est impossible de penser le traumatisme, de panser la blessure. La faille, le manque occasionné par cette impossibilité d’intégrer le traumatisme installe un désir qui conduit le plus souvent à un comportement addictif. Ce désir et cette blessure se dissimule derrière les stratégies du mental qui sont là pour donner le change et qui se répètent tant que le traumatisme n’est pas pris en compte.  Cela peut etre l’usage de stupéfiant mais cela peut etre aussi l’exercice de violence contre soi-même comme la fuite dans le sur-travail ou l’exercice de violences physiques contre ses proches ou psychologique dans le travail. Cette interdiction d'extérioriser conduit souvent la personne à retourner l'énergie contre elle-même. Cette énergie devient autodestructrice et peut comme une sorte d’appel au secours, comme tentative ultime de se sortir de cette souffrance, se retourner d'une manière violente vers l'extérieur. Ce qui conduit à des comportements aberrant comme le terrorisme ou l’agression d’adulte éducateur. On a vu ces derniers temps des enseignants agressés par des élèves sous des prétextes irrationnels en apparence mais qui cache une démarche assimilable à une tentative de suicide.
 

 

Le tabou est un confort pour la société qui trouve là le moyen d'éviter la confrontation et la nécessité de mettre des mots sur l'interdit d'avoir a le justifier. Mais le silence du tabou enferme le transgresseur dans son désir de transgresser. Le silence interdit de prendre le désir de transgresser comme objet à travailler. Prendre conscience du besoin réel qui est derrière le désir de transgresser. C’est sans doute pour cela que pour beaucoup de délinquant, se faire prendre est l'occasion d'une libération, une matière de se dénoncer et d’appeler à l’aide face à une situation dont l’impensé du tabou empêche de s’emparer. Comme il ne sait pas s'interdire à lui-même le passage à l'acte, il a besoin que la loi lui soit donnée par la mise en lumière de son désir. Mais le tabou par son silence le condamne à rester dans son enfermement dans son comportement transgresseur destructeur autant pour lui que pour sa victime. La morale sous forme d'une injonction à ne pas faire (tu ne tueras point) , enferme l'individu dans une impossibilité à adapter son comportement. Il est alors en état d’hétéronomie. la loi lui est imposé de l'extérieur.

Il y a entre le tabou social et le surmoi individuel un « modus vivendi » dont la fonction ou la conséquence ?) est de contribuer à maintenir l’alliance (la cohésion sociale) par la répression de la violence individuelle grace à l’impensé de la question. Le surmoi produit l’autocensure et le tabou représente le risque de punition divine en cas de transgression.
Chacun des deux contractuellement s'engage à maintenir dans l'impensé ce qui représente le plus de risques d'explosion et de violence. C’est en même temps le moyen d’assurer la domination du masculin sur le féminin (et je ne dis pas la domination de l’homme sur la femme) 

 

L'émergence d'Internet nous oblige à requestionner ce modus vivendi.
Les mouvements « me too » sont l’expression de ce moment où la domination par le silence du tabou est questionné par le féminin

Sortir du tabou pour aller vers le sacré c’est tenter d’aller vers l'autonomie c'est de donner à la personne la capacité de connaître les règles et les principes les contraintes qui vont lui permettre de prendre sa propre décision en amont de construire son éthique et sa philosophie en actes. Plus qu’une injonction à ne pas faire, comme l’est le tabou, la liberté d’accepter les contraintes et de se les approprier passe pas une connaissance des enjeux qui sous-tendent les interdits. En ce sens le tabou contribue à maintenir la relation sexuelle dans sa forme primaire de génitalité. Le tabou participe de la tyrannie de la génitalité en ne permettant pas au collectif de formaliser et socialiser la nécessité de dépasser la sexualité génitale. C’est le fait que la sexualité soit taboue qui rend difficile le passage de la fonction de reproduction avec son aspect excitation plaisir animal a consommer avec une certaine forme de violence à une sexualité plus humaine/adulte qui dépasse éros sans l’éliminer pour aller vers Agapè.

 

 

- le sacré c'est l'interdit conscient assumé, accepté et dont on est libre.

Reconnaitre le sacré c’est reconnaitre qu’il existe des réalités qui ne se réduisent pas à leur utilité.

Il est le cœur du lien social, il est ce par quoi un groupe affirme ce qui compte absolument.

Le sacré structure le temps (fêtes, rites), l’espace (temples, sanctuaires) et les relations (interdits, obligations). C’est sur la problématique de la transgression des interdits que se pose la question du sacré dans la société.

Le sacré est l'interdit conscient pensé et parlé et donc voulu et contrôlable.

Quand on a le sens du sacré, si on ne commet pas de crime ce n’est pas par peur de la sanction de l'autorité, mais par conscience par éthique personnelle.

 

Avec le tabou l'énergie du désir n’est pas épuisée. Elle reste contenue sans possibilité d'expression. Qu’on le veuille ou non, l'énergie de la pulsion de vie est là. Alors que le tabou ne laisse la place qu'à la frustration. Il ne permet pas d'autres alternatives comme exutoire de la pulsion trop longtemps contenue, que l'usage de la violence contre soi ou contre l'autre.

En ce qui concerne les questions de la sexualité et de l'enfance les récentes affaires nous permettent de faire l'hypothèse que la transgression d'un interdit tabou peut se réaliser tant que "ça reste caché".

La sacralisation permet de maintenir l'interdit qui, étant conscient, permet que l'énergie du désir puisse etre détournée sublimée pour se déverser ailleurs. Meme si cette sublimation ou se détournement de la pulsion vers les productions artistiques n’épuisent pas l’énergie, ne la solde pas définitivement.

L'énergie de la pulsion de vie peut se transformer en un travail, une production quand elle percole au travers de la structure d'un savoir-faire artistique ou artisanal. En ce sens la culture est une structure a fonction de percolation de l'énergie. C'est au travers de la structure des compétences mises en œuvre par le sujet que l'énergie peut se transformer en un travail, une production. Et si elle ne peut pas se transformer en une production elle peut au moins se parler quand elle n’est pas tabou.

le tabou est un interdit impensé, il est tu, non-nommé, donc non-négociable et dont on est de ce fait dépendant.

 Le sacré est un interdit conscient, choisi, partagé dont on est libre ce qui nous permet d'en discerner les contextes et les limites, tourner autour et de savoir jusqu'où on ne peut pas aller.

 Le tabou se présente souvent sous la forme d'une généralisation disqualifiante, une essentialisation qui stigmatise du type : tous les hommes sont... Le sexe c'est mal...

Cette forme permet d'interdire ou d'éviter toute tentative de comprendre, expliquer discerner les nuances en un mot s'en emparer pour agir sur ce tabou intériorisé en motivation intrinsèque. Alors que le tabou maintient une motivation extrinsèque qui dépend de l’existence d’un contrôleur (parent patron police..). Motivation qui peut s'effondrer en l'absence de contrôle extérieur ou de la culpabilité du sujet. Culpabilité qui sert d'auto-contrôle mais qui ne tient que tant que le sujet y croit.

Si je ne tue pas par crainte de la punition divine, il suffit que je cesse de croire à ce risque pour que je me sente autorisé à transgresser les règles.

Mais si je ne transgresse pas simplement parce que ce n'est pas ma nature, mon identité

et que j'ai un sens du sacré, je ne me pose pas la question du contrôle extérieur et du risque de sanction et j’en suis libre.

 

La sacralisation rend le sujet autonome et responsable de son choix de l'interdit. Elle permet au sujet d'apprivoiser son désir sans avoir besoin de l'occulter avec le risque de passage à l'acte.

On peut alors avoir des stratégies de détour et de contournement par des biais artistiques ou culturels qui permettent de canaliser l'énergie contenue dans l'interdit.

 

Cheminer du tabou au sacré est le seul moyen de s'approprier l'interdit.

le sens du sacré conduit l'individu a mettre en œuvre des comportements respectueux de sa propre initiative du point de vue de sa propre volonté, sans avoir besoin d'avoir peur d'une intervention extérieure.

si je mets un casque en moto par peur du gendarme je suis en état d'hétéronomie mais si je le mets parce que la vie est sacrée je suis en état d'autonomie.

 

Le sacré est l'interdit conscient et accepté qui n'est pas fondé sur la peur de la punition, mais la reconnaissance de l'existence de ce qui est interdit qu'on respecte par choix. C'est la condition de l'autonomie de l'individu.

 

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Autonomie hétéronomie tabou et sacré

L’individu est hétéronome quand il respecte l'interdit par peur de la sanction et il est autonome quand il respecte l'interdit par choix volontaire. Etre libre ce n’est pas « ne pas avoir de règles et d’interdit », etre libre c’est accepter volontairement les règles et contraintes de l’environnement. (la liberté de parole passe par l’acceptation des contraintes du langage)

 

C’est la fonction de l’éducation de conduire ceux qui arrivent au monde vers une connaissance et une acceptation des règles communes. C’est sa mission de rendre autonome un individu immature et donc hétéronome. Le sacré c’est l’acceptation des contraintes comme condition de la liberté. La liberté de parole passe par l’acceptation des contraintes du langage.

La conscience est, pour l'individu, le moyen d’échapper à la détermination du groupe sur lui. S'il est conscient il est moins manipulable. La conscience est le moyen d'installer un espace de liberté de choix dans le système de contrainte qui le détermine. Il a par sa conscience une capacité à créer un espace de liberté de choix dans cette détermination qui lui permettra de comprendre ce qui se passe et de choisir d'utiliser cet espace de liberté pour tenir en respect cette pression du groupe.

 

Contrainte et liberté.

           

                  Criminalisation des transgressions tabou et sacré.

De l’affaire Weinstein a Me too en passant par les accusations de viol faites à Patrick Bruel[1] la société est secouée depuis quelques années par le mouvement sismique d'un de ses fondements : le rapport à l’interdit sexuel.

il semble que nous soyons dans une phase de transition, un passage du tabou au sacré de ce point de vue au moins.

Avec ces différentes affaires, on a vu émerger une vague de revendication autour de la question du respect des femmes et une dénonciation de comportements transgressifs par rapport au sexe qui était jusqu'ici restés tabou même s'ils étaient parfaitement connus.

Ces derniers temps le re-questionnement du tabou a atteint son paroxysme avec l'affaire Betharam et les révélations sur le comportement criminel de l'abbé Pierre bien connu de sa hiérarchie religieuse depuis les années 50.

Ces récentes affaires qui secouent notre société nous questionnent sur la légitimité à chercher à maintenir l'interdit par le tabou.

On peut voir l'émergence dans le champ social de toutes ces affaires autour de la question de la sexualité comme un mouvement de passage du tabou au sacré. La violence des réactions des agents de l'état (police justice) et des citoyens, sont autant d'indicateurs du surgissement d'un séisme moral qui secoue le socle des relations humaines, tant dans les relations homme/femme que dans les relations aux enfants.

Internet dans sa puissance à répandre l'information donne à voir des comportements bien que pas nouveaux restaient jusque-là confidentiels. En ce sens Internet est la clé de la boite de pandore contenant tous les tabous qui fondent la société, les interdits de la violence et ceux de la sexualité. En donnant à voir jusqu’à l'écœurement tout ce qui jusque-là n'était pas visible internet nourrit l'imaginaire commun et autorise chacun à y accéder. Le risque est grand que le fait de s'en emparer autorise le passage à l'acte des individus, comme le montre l'affaire Pénicaud.

 

- le tabou enferme le transgresseur

Le principal danger de cette mise en visibilité soudaine réside en un risque de banalisation des comportements criminels et au-delà, le délitement de la cohésion du collectif.

La réponse répression qui a du sens tant que les transgressions sont marginales se révèlent inefficaces dans le cas de la massification des comportements déviants.

 

- Le tabou maintient l'interdit mais interdit la prise de conscience

Le tabou comme interdit indiscutable et impensé ne permet pas aux transgresseurs de trouver  une alternative une ressource pour déposer sa souffrance et la traiter. Comme on a pu le voir avec d'autres transgressions mortifères comme l'usage de l'alcool, la prohibition est  inefficace pour lutter contre ces pratiques transgressives qui mettent en danger la cohésion du collectif.

On voit bien la vanité des tentatives de culpabilisation des utilisateurs comme les campagnes de prévention des dangers de l'alcool et du tabac. Rare sont les fumeurs qui sont influencés par les avertissements portés sur les paquets de cigarette. Et les tentatives de culpabilisation du consommateur dans des campagnes anti-drogue ne sont pas entendable par le consommateur.

 

  • Le tabou produit le criminel

 

Le tabou produit des criminels de deux manières différentes :

En ne créant pas les conditions de la satisfaction d’un besoin légitime on laisse s’installer une souffrance, un manque, une faille dans laquelle tombera un jour ou l’autre l’individu. Seul avec ses failles, condamné au silence il n’aura jamais le réflexe d’aller chercher des ressources comme le ferait un alcoolique par exemple. Ce qui contraint l’individu a trouver des conduites de détour transgressives comme on le voit avec la pédo-criminalité et l'exemple symbolique emblématique de l'Abbé Pierre.

Il y a un deuxième sens dans cette conception criminelle du tabou qu'on va trouver dans la façon dont la société considère que quelque chose est criminel ou ne l'est pas :

 par exemple il y a des sociétés ou les veuves les divorcés peuvent avoir comme fonction d'initier les jeunes garçons a leur sexualité sans que ce soit considéré comme de la pédocriminalité.

Il en va de même en ce qui concerne l’usage de certains produits anthéogène. Ces produits reconnus depuis des millénaires comme pouvant aider a l’expansion de la conscience et comme une aide au dépassement d’états dépressif ou de compréhension de soi et la gestion de ses failles, sont toujours, et malgré toures les évidences scientifiques considérés dans le monde occidental comme hallucinogène et donc font partie du tableau 1 des drogues interdites.

Cet interdit empêche d’élaborer en toute transparence des contextes thérapeutiques aidant comme on peut en trouver dans d’autres pays comme l’Espagne ou la suisse.

Ainsi, celui qui en toute sincérité, conscient du travail qu'il a à faire sur lui, souhaite utiliser ces substances est considéré comme criminel . Il peut effectivement être considéré comme criminel dans la mesure où il utilise ses substances en l'absence de tout cadre légal, alors qu’un cadre thérapeutique légal pourrait lui offrir une protection et un accompagnement utile. Il est condamné au hasard des rencontres pas toujours heureuses.

 En ce sens la société en maintenant le tabou produit le crime. Nous sommes collectivement responsables même si on n’est pas coupable 

 

On peut tenter d'illustrer cette question avec le cas iconique de l'abbé Pierre. L'ouvrage récent "la fabrique d'un saint" s'intéresse à la manière dont on peut se laisser collectivement berner par notre désir de sainteté, et envoyer au front un sacrifié du tabou. On aurait pu tout aussi bien travailler à la rédaction d’un livre qui s'intitulerait "la fabrique d'un criminel". Dans leur ouvrage les autrices rapportent que dans son enfance l'Abbé Pierre avait exprimé le désir d'etre débarrassé de son sexe. Comme beaucoup de garçon, dont les pulsions s'expriment très tôt, du moins chez certains, la présence de cet objet étrange installe un sentiment confus de porter quelque chose qui ne lui appartient pas. Comme dit le poète Nougaro :"pas besoin d'etre une sorcière pour avoir un manche à balai, j'en ai un qui me dit poussière tu iras ou je veux aller" , ou comme disait Brassens: "la bandaison papa ça ne se commande pas". Ce sentiment d'étrangeté envers cet objet qui échappe à la volonté est d'autant plus difficile à gérer que c'est aussi un moyen d'obtenir du plaisir et un moyen de réduire les tensions. En ce sens l'hypothèse de Freud sur le complexe de castration est peut etre incomplète, partielle, voire partiale. Ce n'est pas seulement la peur de la castration mais plus généralement l'expression d'un désir d'etre débarrassé d’un étrange importun, qui traduit en fait un besoin d'etre aidé à gérer ses pulsions sexuelles qui se manifestent d'une manière incontrôlable. Une souffrance avec laquelle l'enfant est seul à cause du tabou, incapable de gérer sa souffrance. Et aucun adulte n'a été en mesure de l'accompagner dans l'apprivoisement de sa souffrance. D'ailleurs quel adulte sadique ou tout aussi désemparé que lui, a pu laisser cet enfant dans sa souffrance intolérable, n'y voyant sans doute que les conditions idéales pour faire un bon soldat d'une religion qui est la seule au monde à fonder la quête de l'amour sur la frustration et le déni de son moteur premier ou primal, le sexe et pas sur son dépassement ?

 

Incapable de trouver de l'aide L'abbé a fait alors de sa souffrance sa raison d'etre, sa « raison sociale » son étendard, son "fonds de commerce": c'est son fameux appel " mes amis aidez-moi !" il aurait pu rajouter "leur souffrance m'habite". "j'ai besoin d'etre quelque part en sécurité ! Aidez-moi a sortir de l'errance intérieure".

Comme beaucoup des travailleurs sociaux il a fait profession de ce qu’il avait à réparer.

Il a trouvé là comme tout bon créatif le moyen de valoriser sa problématique. Mais pas de la solder. Il s'est fait illusion tant qu'il a pu répondre au désir d'idéal qu'on lui demandait de porter par son statut d'Icône de la charité. "Charité bien ordonnée commence par soi-même" dit le proverbe mais faute de conscience il n'a pu faire le lien entre son besoin d'etre secouru et sa mission dévolue par le collectif : "fais pour nous ce qu'on n'a pas envie de faire (gérer la charge mentale de la charité et nous donner bonne conscience) et en échange on détournera le regard de ton appel au secours réel et caché. Mais sa réussite sociale n'a pu combler la blessure du sentiment infantile de l'absurdité du non-sens qu’était d’etre habité par cet allien qu'est le phallus. C'est le maintien de la souffrance comme l'impureté dans l'huitre lui a permis de peaufiner tranquillement sa perle iconique.

La souffrance et la frustration sont des moteurs puissants pour faire dans le monde extérieur ce qu'on n'arrive pas à faire à l'intérieur. Hélas souffrance et frustration sont des débiteurs patients mais implacables. Tel Faust, un jour il faut payer de sa dignité de son amour de soi. Rien ne nous dit qu'il n'a pas souffert de ses pratiques irrépressibles qu'il savait criminelles.

Bien sûr sa mort prescrit son crime.  Mais elle ne solde pas l'indignité de tous ceux qui se sont tu, alors qu’ils savaient et qui aujourd'hui s'offusquent et brulent ce qu'ils ont adoré :  une société, une église qui s'affuble de faux saints pour séduire les mendiants de l'amour que nous sommes, prêts à donner a plus pauvre pour avoir l'impression d'etre riche, mendiants de l'amour de l'espoir et du désir.

Mais abattre l'icône ne solde pas l'indignité. Cela permet juste d'oublier plus facilement quand l'image de l'icône déchue ne vient plus troubler le regard, tel l'œil dans la tombe de Caïn.

Mais sa réussite sociale ne solde rien. C’est juste une tentative désespérée et désespérante de solder sa souffrance. Comme pour beaucoup d'entre nous qui cherchons dans notre mission de professionnel du social un moyen de solder ses souffrances et de réparer. Parfois même de se venger peut etre ? ou de se protéger ?

Détruire par dépit les idoles ne supprimera pas l'histoire du silence criminel d'un tabou. Mais elle est peut etre l'opportunité de passer collectivement du tabou au sacré.

Ceux qui veulent voir en lui un saint ou un criminel manifestent leur besoin de réduire l'autre a une caractéristique. Mais nous ne sommes pas ce que nous faisons. il n'a pas le statut de saint ou de criminel, mais il est capable de comportement respectables comme criminels comme le montre Frédérique Lenoir qui l'a bien connu.

Ses comportements jugés comme critiquables nous montrent à quel point nos souffrances et blessures d'enfance ne se soldent jamais vraiment. Il y a toujours un besoin émotionnel en souffrance derrière nos démons.

Mais au bout du compte qu’a-t-il mérité de cet excès d’honneur et de cette indignité ?

L’indignité n’est-elle pas une des conséquences de l’excès d’honneur. On peut garder au pilori ou l’on a cloué cet abbé une toute petite place pour les silences complices et les désirs de sanctification.

Les comportements compulsifs irrépressibles des criminels sexuels sont souvent l’observable, la manifestation d’un syndrome post traumatique.

 

[1] Un  Coupable expiatoire  https://denisbismuth.over-blog.com/2026/06/un-coupable-expiatoire.html
 

 

Ce qui ne peut pas se dire s'agit.


C'est par le comportement que s’expriment les souffrances non-dites parce que non-conscientes ou quand les tabous interdisent que les choses soient nommées. 
Que ce soit par la violence des cours d'école, par les comportements abusant des adultes, c’est toujours une souffrance qui s'exprime par la violence des cours d’école ou celles faites aux femmes et plus généralement les comportements abusants.

 

Trop tabou pour être parlé

 

Contrairement au syndrome post-traumatique de la guerre qui renvoie à thanatos, ce syndrome post-traumatique renvoi à éros .

 Le syndrome post traumatique ordinaire renvoie aux effets de la guerre, des combats sur les militaires. Il se crée une déchirure irréparable dans l’affect du soldat. Une déchirure qui se rouvre a la moindre alerte, au moindre bruit qui provoque une réaction disproportionnée de violence et de fuite. Contrairement au syndrome post-traumatique provoqué par la guerre, le syndrome post traumatique lié à la sexualité infantile, quand il se réactive conduit à un comportement de violence orienté vers le désir de  possession et le controle, l’appropriation de l’autre. Autrement dit ça réactive le désir de possession du petit enfant. Désir réprimé qui peut provoquer un traumatisme si sa répression est conduite sans considération.

En même temps, parce que la morale est là et avec elle la peur de la loi,  ce désir de possession s'accompagne d'un sentiment de culpabilité. Autrement dit le désir de possession destructrice de l'adulte pédocriminel est autant la volonté d’éteindre la souffrance du petit enfant toujours intacte en lui, (de  solder la souffrance infantile ) que la conscience de l'immoralité et de la haine de soi que ça provoque chez lui. 

L'anxiété que provoque l’attirance sexuelle est directement lié à la libération de noradrénaline dans le cerveau  qui perturbe le fonctionnement ordinaire du cerveau. L’état de conscience modifié que provoque cette libération conduit a une levée de l’inhibition que la morale et les tabous sociaux avaient maintenus jusque-là. Cette levée d’inhibition qui peut conduire autant au passage à l’acte criminel qu’a un travail d’introspection libérateur.

 

Cet attachement traumatique qui associe irrémédiablement angoisse et plaisir. Le désir d’amour (agapè) insatisfait se déplace vers éros et se manifeste au travers de la pulsion libidinale. Cette pulsion sexuelle qui habite l’enfant est à la fois souffrance et plaisir. A la fois la sensation d’être habité d’un étrange phénomène qui échappe au contrôle et en même temps le seul moyen de calmer la souffrance par le plaisir. 


Ce mécanisme, source de souffrance comme tout ce qui renvoie aux pulsions de vie quand elles sont vécues d’une manière immature dans un environnement socialisé qui suppose que cette pulsion soit sublimée pour ne pas mettre en danger le groupe. Cette sublimation est souvent une source de frustration dans la mesure ou l’individu ne sais que faire de l’énergie de la pulsion. Faute de l’investir dans une activité narcissisante, il la retourne contre lui et en conçoit une violence qu’il projette à l’extérieur sans discernement.

 
La plupart des rituels sociaux ont cette fonction de transformer la pulsion destructrice en un art, un comportement plus apte a protéger la société. La violence brutale et destructrice des cours d’école quand elle est retravaillée au travers de la pratique des arts martiaux, devient une ressource de conscience et un apprentissage de la juste relation à l’autre. Et accessoirement permet le développement d’une confiance en soi et du respect de l’autre. Il manque a notre société cette pratique qui transforme une pulsion animale parfaitement respectable en un outil de conscience qui permet de développer une certaine spiritualité de l’amour. Un chemin vers agapè. 
C’est certainement la raison d'être de certaines pratique comme le yoga tantra

 

- Quelles réponses possibles ?

 

A partir du moment où les pratiques transgressives se massifient, que les comportements déviants se généralisent, il devient nécessaire de sortir de la paresse politique qui consiste à sanctionner le transgresseur. Le transgresseur n'est que la manifestation d'un phénomène qui échappe au contrôle de l'individu. L’individu transgresseur est l'arbre qui cache la forêt et les politiques nous répondent « on ne voit pas la forêt, trop d'arbres la cache ».

Par sa puissance de diffusion incontrôlée de l'information, internet fait surgir dans le champ social, la question de la sexualité comme le développement technologique fait surgir la question climatique et de l’effet de serre.

Quand la technologie ouvre la boite de pandore des possibles, les tabous sautent et nous sommes condamnés a affronter nos tabous et à faire accéder chacun au sacré si on ne veut pas disparaitre. Les vides béants que le tabou cachait nous apparaissent et nous laissent désemparés devant des questions triviales et urgentes :

  • Comment sortir de la tyrannie du génital ?
  • Comment réinventer des relations d’amour après la période de la sexualité reproductive ?
  • Quel sens a un couple quand le quotidien de la famille s’éteint ?
  •  

Des réponses sociétales s'inventent intuitivement et l'on voit émerger des tentatives de dévoilement intéressantes comme la magnifique « Maya Mazaurette » de l’émission « quotidien » ou l'application "cru" qui permettent d'apprivoiser le tabou en le dédramatisant. C’est à l'évidence l'intérêt des démarches d'éducation sexuelle à l'école.

Ces tentatives permettent de répondre au bon niveau :

- Elles rassurent en mettant des mots sur les tabous.

- En sacralisant les corps et les cœurs.

La parole libérée offre l’opportunité pour un ou une éventuelle abusée la possibilité de sortir de la sidération dans laquelle la met la tentative d’abus. Le fait, d’avoir entendu mettre des mots sur ce type de situation, d’avoir les mots disponibles lui donne la capacité de s’alerter et la distance nécessaire pour répondre a l’agresseur. Ce qu’elle est le plus souvent incapable de faire car incapable de penser cette situation faute de mots.

Au bout du compte internet, en ouvrant la boite de pandore du tabou, nous pousse à construire les réponses pour nous sauvegarder de la violence traumatique latente de la nécessaire répression de la libido. L’interdit n’est violent que parce qu’il n’est pas nommé et n’a pas de sens.

Le sacré remplace le tabou replaçant ainsi l'interdit d’une manière explicite à sa vraie place : dans la conscience.

Il peut aussi etre intéressant de se poser la question de la disparition des rites de passage et de la conséquence de cette disparition sur l’incapacité de beaucoup d’entre nous a devenir adulte.

 

il peut etre intéressant d'aller voir dans les traditions spirituelles  comme le tantra ou le kama-soutra[1]. Ces traditions spirituelles qui laissent entendre que la sexualité, quand elle n'est pas dans sa phase d’activité de reproduction, peut devenir une pratique, un art comme un art martial dont la finalité est de maitriser la pulsion pour qu'elle soit autre chose que la violence et devienne une source de conscience comme la méditation, ou comme le yoga tantra.

 

L’émergence de la pornographie peut etre comprise comme l’expression très maladroite d’une telle demande. Le problème de la pornographie est qu’il maintient, notamment chez l’homme, une forme de sexualité primaire animal ou il est nécessaire d’arriver à l’excitation pour avoir la tension nécessaire a la détente recherchée une fois l’acte accompli. C’est structurellement le même schéma que l’histoire complètement idiote du fou qui se tape sur la tête avec un marteau parce que ça fait du bien quand il s’arrête :

  • l’état dépressif se caractérise par un manque de tension.
  • Le plaisir ne peut venir que de la réduction d’une tension.
  • L’accès a la pornographie constitue un moyen facile de produire de la tension. (facile en ce qu’il ne nécessite pas qu’on prenne le risque de la relation à l’autre, le risque de se dévoiler, d’échouer….)
  • Une fois la tension obtenue la réduction de la tension permet l’accès à la récompense cérébrale: Le système de récompense cérébral est un ensemble de structures cérébrales qui s'activent en réponse à des stimuli reçus, libérant des neurotransmetteurs qui génèrent des sensations de plaisir et de motivation.

Ainsi, comme avec l’usage de tous les paradis artificiels, il est possible d’obtenir très provisoirement un plaisir. Mais comme tous les paradis artificiels comme avec les anti dépresseurs les conséquences à moyen long terme peuvent etre désastreuses.

 

 

 C’est une forme de sexualité qui peut exister d’une manière dominante dans la période de la reproduction mais qui s’avère destructrice des relations quand on arrive à un moment de la vie où ce qui importe et qui est constructif, c’est la relation à l’autre. L’autre duquel je suis séparé et en même temps relié par des enjeux affectifs ou spirituels. Il ne s’agit pas , bien sûr ,de faire le deuil définitif d’une sexualité génitale mais de commencer à sortir de la tyrannie du génital. Multiplier les registres sexuels en élargissant la notion de sexualité au-delà de sa composante génitale.

Pour dépasser cette conception réduite de la sexualité il est nécessaire de dénoncer les mécanismes psychologiques qui nous condamnent a retomber en permanence dans ces failles. Que s’est-il passé dans la construction de l’individu pour que se produisent ces failles ?

Il pourrait etre intéressant de repenser la pornographie au filtre de cette croyance que tout comportement a une intention d’utilité. Personne ne fait quelque chose sans raison. Même si la raison est parfois irrationnelle ou indécodable.

L’accès a la pornographie facilitée par internet met l’individu dans une alternative :

  • Il l’autorise à passer à l’acte : il ouvre des possibles comme dit Yves citton « Les fictions sont un moyen de pre-scenariser les comportements », et comme toutes les fictions  « apportent du possible au réel » (Alain Damasio).
  • Il l’alerte sur ses manques, ses failles.

 

Le comportement qui consiste a regarder des images pédopornographiques qui est considéré comme criminel mérite d’etre analysé au travers de cette alternative : la personne s’emparera-t-elle du possible pour se sentir autorisée a passer a l’acte ? ou la confrontation a cette représentation la conduit-elle à questionner ses représentations et son histoire enfouie dans l’inconscient ?

Comme les images de terrorisme peuvent nous confronter a la réalité de la mort qui reste une abstraction dans notre société policée, cette mise en scène et en image de la sexualité peut provoquer une réaction de fascination qui est provoquée par la confrontation a cette réalité de la sexualité, qui renvoie à des souffrances personnelles aux sentiments d’impuissance a controler son environnement, peur d’abandon ou de frustration de ne pouvoir assouvir ses désirs de possession de contrôle. Toutes ces expériences émotionnellement violentes qui construisent et ancre un désir de vengeance ou la recherche d’une compensation.

Toutes les formes de traumatisme infantile vécu dans l’enfance de chacun et qui ressurgissent sous la forme de syndrome post traumatique. Ce même traumatisme qui remplit les séances de psychanalyse ou de psychothérapie du commun des mortels quand il s’y trouve confronté. Traumatisme qu’il laissera enfouit toute sa vie dans son inconscient si rien ne vient le réveiller. Le monde ne se distribue pas entre ceux qui ont vécu des traumatismes infantiles et ceux qui n’en ont pas vécu. Il se partage entre ceux qui n’en ont pas conscience et ceux qui sont conduit par les circonstances de leur vie a les prendre en compte. Ceux qui n’en ont pas conscience peuvent tout de même actualiser ce syndrome post traumatique dans leur vie sociale dans le leurs choix de vie de métier, d’engagement.

Dans une certaine mesure ces images fonctionnent chez l’adulte comme les contes et légende chez l’enfant. Elles mettent en scène en écho les désirs frustrés de l’enfant.

L’adulte se trouve confronté souvent accidentellement a sa part d’ombre dont parlait Jung[2]. La part d’ombre c’est ce qui est a éclairer de sens. Là où il faut porter la lumière[3]  S’y confronter offre l’opportunité de l’éclairer pour la comprendre et se familiariser avec, apprendre a vivre avec sans pour autant penser pouvoir s’en débarrasser. La part d’ombre n’est pas un diable qu’on exorcise et dont on est débarrassé une bonne fois pour toute.

La part d’ombre est ce qui existe en soi dans la mémoire du corps et qui malgré soi détermine les comportements, les chemins de vie parfois les choix professionnels[4]

Mais contrairement au syndrome post traumatique de mort acquis pendant une guerre ou un évènement violent et qui se manifeste par une surréaction de fuite ou de rejet, le syndrome post traumatique qui réveille les questions de libido infantile peuvent se réactualiser sous la forme d’attirance. La confrontation a la sexualité infantile, comme le conte ou la légende, raconte quelque chose du vide intérieur et des souffrances du spectateur. L’attirance est la manifestation du syndrome post traumatique. Pour autant, l’attirance n’est pas la garanti d’un passage à l’acte, loin de là !

Les passages a l’acte trouvent parfois leur origine dans une absence d’assise narcissique stable.

L’assise narcissique défaillante n’est pas non plus la garanti d’un passage à l’acte. C’est aussi l’existence d’un surmoi mal structuré. C’est bien souvent contre lui-même que le sujet retourne sa violence et sa colère, sa culpabilité en la sublimant d’une manière ou d’une autre par un comportement compulsif

 

[1] qui, considéré dans sa totalité, est bien autre chose que ce que nous en retenons en occident

[2] Selon la théorie analytique de CG Jung L'ombre est une partie de la psyché de la personne qui ne se connaît pas elle-même, et dont le sujet ignore même l’existence. La plupart des hommes ignorent leur ombre. Le plus souvent elle est projetée dans des troubles somatiques, des obsessions, les rêves, mais aussi dans ses choix de vie de comportement de métier. Elle se reflète dans les jugements que chacun porte sur les autres et l’environnement

Selon la théorie analytique de CG Jung L'ombre est une partie de la psyché de la personne qui ne se connaît pas elle-même, et dont le sujet ignore même l’existence. La plupart des hommes ignorent leur ombre. Le plus souvent elle est projetée dans des troubles somatiques, des obsessions, les rêves, mais aussi dans ses choix de vie de comportement de métier. Elle se reflète dans les jugements que chacun porte sur les autres et l’environnement

[3] Le langage religieux et beaucoup de conte et légendes illustrent ce processus. Les démons intérieurs,  Lucifer : (qui porte la lumière) représentent le risque qu’il y a à descendre aux enfers chercher son Eurydice intérieur, son féminin qui redonnera a son etre la complétude qui lui fait défaut. Ce « diabolus » est à la fois socialement dangereux et combattu par la société soucieuse de se protéger des échecs de ce voyage qui se traduisent par des passage a l’acte. Une société qui incite par l’établissement du tabou a ne pas soulever ce couvercle de la boite de pandore. Une société qui incite plutôt a ouvrir cette boite de pandore dans l’espace protégé du psy… ou de la confession pour les croyants.

[4] Professionnalisme, Activité autotélique et désintéressement

 https://denisbismuth.over-blog.com/2026/06/professionnalisme-activite-autotelique-et-desinteressement.html

 

 

On peut voir l’attirance pour la pornographie comme ayant un double enjeu :

  • Reproduire artificiellement les mécanismes de l’excitation génitale. L’aspect artificiel comme issu de l’imaginaire représente un confort, une certaine facilité puisqu’il n’est pas nécessaire de prendre le risque de la relation et de l’échec, ou de prendre en compte le désir de l’autre. Un fonctionnement économique du plaisir pour pas cher, qui finit par devenir une boucle itérative, une obsession.
  • Mais l’excitation génitale a une autre fonction : Une trop longue période de frustration sexuelle peut générer un état dépressif. Ce état dépressif ne peut se combattre que par la réduction de tension qu’il finit par provoquer. Une tension qui n’est le plus souvent pas perçue comme telle. Mais pour réduire la tension il est nécessaire qu’elle soit manifeste. C’est l’excitation de la vision des images qui va actualiser la tension qui va pouvoir se réduire par des passages à l’acte. On voit là qu’il y a bien là une recherche d’un effet de réduction de tension.
  •  
  • Ouvrir la porte sur un questionnement de sa sexualité :

 

Mais pour que cette deuxième option puisse devenir profitable il est impératif que l’individu ne se sente pas prisonnier de la culpabilité d’une sexualité tabou. Si la sexualité est davantage sacrée comme pour ceux qui s’attaquent à cette question, la porte s’ouvre sur un chemin qui peut conduire a une sexualité plus nuancée, moins destructrice. Accepter de considérer ses failles ses manques et les prendre comme objet à transformer, a transmuter.

 

Comment décoder les méta-messages de la pornographie ?

A y regarder de plus près la pornographie répond aux codes du merveilleux. Les mêmes codes du merveilleux qu’on va trouver dans les bandes dessinées du type Marvel pour la forme la plus récente. Ces mêmes codes qu’on peut trouver dans les romans de gare ou de science-fiction ou même dans les contes comme « peau d’âne » (qui parle d’un inceste) le petit poucet ou œdipe.

Se pose alors la question de la finalité du merveilleux dans la vie quotidienne ?

Comme le démontre Boris Cyrulnik dans son travail sur la résilience, l’imaginaire joue un rôle essentiel dans la survie des individus dans les périodes de grande misère. Pouvoir se représenter même en imagination un futur possible est un moyen d’éviter la dépression. Rappelons que la particularité du dépressif est d’etre incapable de se voir dans un futur ou même tout simplement d’imaginer un futur. Un futur imaginaire dans lequel il n’y a aucune contrainte aucune loi. Un espace de tous les possibles stimule une sorte de motivation a continuer à vivre quand la situation est désespérée.

Qu’est ce qui se passe dans notre conscience quand on lit un livre fantastique ou qu’on regarde un film comme Matrix ? La fascination qu’exerce le film ou le livre produit un état de conscience particulier[1]. Un peu comme l’état de transe hypnotique[2] dans lequel est un enfant a qui on lit une histoire avant de s’endormir. Cet état modifié de conscience se caractérise par une sorte de sidération du mental de la pensée rationnelle et offre un accès direct au champ émotionnel ou les mots n’ont plus trop de place. Cette modification du champ de conscience est l’état désiré dans la plupart des pratiques thérapeutiques comme l’hypnose ou une séance de psychanalyse ou un accompagnement au rêve éveillé. L’émerveillement est un amplificateur de conscience

Qui ouvre sur l’opportunité d’une perception non-ordinaire moins « mentale » de sa réalité.

Cette fascination est reliée a une excitation. Elle est la porte ouverte a un cheminement vers la conscience de ses failles et ses souffrances. Même si pour l’essentiel des utilisateurs elle est une consommation a fonction récréative. Une utilisation qui finit par etre destructrice. Un peu comme l’usage de substances qui peuvent etre consommées d’une manière récréative ou etre utilisées pour un travail d’introspection. C’est le fait que ces champs restent en friche parce qu’ils sont tabous, qui fait qu’ils sont difficiles à utiliser a des fins de réflexion sur son histoire.il est vrai que pour aller vers des démarches d’ouverture de conscience et dépasser l’aspect consommation récréative, il est nécessaire d’etre accompagné par une personne qualifiée et garante du maintien de l’intention de prise de conscience. C’est en sortant du tabou et en sacralisant cette question de la sexualité [3] qu’on pourra trouver les moyens de répondre d’une manière socialement écologique aux problèmes d’addiction ou de dépression

 

On peut faire l’hypothèse que la pornographie sont une application des codes du merveilleux à un champ tabou.

La pornographie fait partie de la légende de notre siècle. Il faut prendre le mot légende dans son sens étymologique : legenda : ce qu’il faut lire pour comprendre. Comme la légende d’une photo qui donne un sens à ce qui est regardé.

Quel message nous propose la massification de la pornographie ? Quelle misère sociale et relationnelle cherche-t-on à panser, à compenser. De quelle souffrance le grotesque des scénarii est-il l’image ?

On y retrouve le désir de puissance de possession ou d’etre possédé qui se manifeste d’une manière caricaturale jusqu’à l’absurde.

Il semble que les Marvel sont des bandes dessinées nés dans l’esprit de juifs d’Europe migrants aux Usa en état de misère et de souffrance, se sentant en état d’impuissance. Ils constituent un rêve partagé en situation de misère et de souffrance comme le propose Boris Cyrulnik dans son ouvrage sur la résilience. Le rêve aussi absurde et délirant fait partie du processus d’élaboration d’une stratégie de résilience.

Le rêve aussi absurde et délirant soit-il nourri un espoir. Nourrir l’imaginaire est le moyen d’éviter d’entrer dans la dépression. En effet la particularité du dépressif est d’etre incapable de se projeter dans le futur, d’avoir une représentation d’un futur qui nourrisse son désir de continuer à avancer malgré la misère. Il nourrit l’imaginaire même s’il ne solde pas le désir.

La pornographie peut etre vu comme un substitut d’espoir à consommer quand on ne sait pas en produire.

Les individus n’ayant pas dans leur environnement direct des sources de stimulation de leur désir s’enfoncent plus ou moins consciemment dans un état dépressif. L’état dépressif se caractérise par une absence de tension qui pousse l’individu a avancer. La consultation d’image pornographique est une ressource pour créer la tension nécessaire pour réactiver le processus.

Cela renvoie a quelque chose qui s’apparente au mécanisme du syndrome post-traumatique Mais au lieu d’être dans la réaction à un stimuli extérieur non désiré qui surgit quand on ne l’attend pas et qui provoque une tension qui conduit à la réaction, c’est la recherche intentionnelle (quoiqu’inconsciente) de ce stimuli pour provoquer la tension. Dans la forme traditionnelle du syndrome post-traumatique, c’est le stimuli extérieur qui déclenche l’état de tension et de stress qui provoque les réactions de violence. Dans le cas des états dépressifs il est possible que le but de la consultation des images pornographiques soit un moyen de déclencher le stimulus intérieur qui est recherché pour provoquer l’état de tension. Sortir de la dépression suppose la réduction d’une tension. L’état dépressif n’est pas un état de tension. C’est en allant chercher a produire une tension telle qu’elle a pu exister précédemment que le Sujet va pouvoir activer le processus de réduction de la tension. Le désir imaginaire peut servir de substitut ou d’exhausteur d'excitation quand aucun objet réel dans l’environnement direct n'apparaît pas suffisamment désirable.

C’est le désir de désirer  qui rend alors l'acte possible. C’est un acte souvent autoérotique même s’il peut mettre en scène d’autres personnages. Le sujet fabrique imaginairement la tension qu’il va pouvoir satisfaire par le passage à l’acte ou par le plaisir du désir frustré.

 

La frustration de l’expérience vécue dans l’enfance autour de la question de la sexualité, déclenche ce stimulus de tension « mis en réserve mémorielle » à la disposition de l’individu comme n’importe quel Objet mémoriel. Ce serait en quelque sorte quelque chose comme une « contre-madeleine de Proust ». Ce n’est pas le stimuli extérieur qui provoque l’accès à la mémoire et l’évocation du passé. C’est l’évocation du passé et du désir frustré qui provoque la tension qui sert de stimulus pour créer l’état de tension recherché.

 

 

Laisser se développer la pornographie représente un double risque :

  • Que ce qui est donné à voir autorise le voyeur à passer à l’acte. Comme on l’a vu entre autres chose avec l’affaire Pénicaud. Prendre au premier degré ce qui est mis en scène serait comme vouloir faire comme ses héros de bande dessinée ou de série télévisée comme s’envoler par la fenêtre. On a vu beaucoup de personnes se blesser en tentant de reproduire certaines scènes de série télévisée (Mc Gyver).
  • Que l’imaginaire au lieu d’etre un moyen devienne une fin en soi. Comme on le voit avec internet il y a un grand danger que le virtuel prenne tout l’espace de l’esprit et occupe toute l’énergie, le temps et la conscience de la personne. Qu’à ce moment-là il n’y a plus de place pour la relation réelle. Comme on le voit avec le développement d’internet, l’imaginaire représente un confort qui n’existe pas dans la réalité où chacun doit prendre le risque de l’autre. Le risque de se tromper et d’échouer, de ne pas etre à la hauteur. C’est une forme de paradis artificiel qui produit aussi des dépendances.

 

Même si la prohibition de la pornographie peut paraitre une piste intéressante a court terme, il ne faut pas perdre de vue le message que sa massification nous délivre. L’interdire serait comme casser le thermomètre pour ne plus avoir chaud.

La sanction judiciaire et la morale culpabilisante restent la réponse favorite des états. Mais on constate son inefficacité quand les possibles sont trop présents. L'interdit par la morale et la culpabilisation peut permettre d'ajuster ponctuellement et individuellement mais ne permet pas de traiter des phénomènes de dimension sociétal. On voit bien l'inefficacité des campagnes de communication qui culpabilise les usagers de la drogue ou qui cherche à faire peur aux fumeurs. Elles sont tout aussi inefficaces que nos tentatives de transformer notre rapport à la consommation d'énergie avec le risque de réchauffement climatique.

 

La réponse sociétale à une problématique collective ne peut etre qu'une réponse collective. Aujourd’hui se pose la question de la réponse sociétale a ce phénomène. Comment introduire le sacré dans les rapports humains. Jusqu'à récemment le poids de la religion maintenait un faux sacré qui n'était qu'une forme particulière du tabou. Avec un dieu vengeur et tout puissant. On apprenait à craindre dieu pas à respecter la vie. Les religions instituées et la société laïque ont échoué dans leur mission d'introduire du sacré dans la sexualité. Une meilleure stratégie serait d’essayer de travailler à diagnostiquer le besoin auquel tente de répondre ce comportement, et surtout travailler à rendre inutile la consommation de paradis artificiels.

Intuitivement la société produit des tentatives de réponse. On voit se développer sur ce meme internet diabolique de nombreuse proposition de parole sur la question de la sexualité qui contribue a déculpabiliser les individus seuls et enfermé dans le tabou social. Une manière de les rasséréner tout en leur permettant d’apprivoiser ces pulsions qui leur échappent et qu’ils n’avaient jusque-là que la possibilité de nier et de refouler.

Parler entendre parler de la sexualité.

Sortir d’une conception restreinte de la sexualité génital en finir avec l’hégémonie du génital dans la sexualité. Ouvrir sur des registres différents qui permettent de sortir quand on le souhaite d’une sexualité de reproduction fondée sur un rapport possédant/possédé

 

Pour une sexualité sacrée et consciente

 

            la liberté de parole passe par l'acceptation des contraintes du langage.

 

Je ne suis pas libre d’exprimer les nuances de ma pensée si je n’ai pas la conscience et la maitrise des règles de ma langue et que je veux ces règles. De la même manière, la liberté de vivre sa sexualité et plus généralement de vivre en société passe par la connaissance, l'acceptation et la conscience des contraintes et des règles de la relation et de la vie en société.

Il n'est pas rare que les personnes transgressant les règles se distinguent par leur ignorance (ou non-conscience ?) des règles sociales qui les conduit à des comportements socialement peu acceptables.  L’individu ne peut pas maitriser ce dont il n'a pas conscience. il est le jouet de ses sentiments (il en est de nos sentiments comme l'eau et le feu: ce sont de bon serviteurs mais de mauvais maitres).

La réponse de l'état en termes de répression a du sens dans la mesure ou ponctuellement elle peut réprimer ou éviter des récidives de passages à l'acte criminels. Mais la réponse répressive peut avoir comme conséquence le maintien du tabou. Les désirs, les pulsions persistent et il est nécessaire de les maintenir cachés si l’individu pris dans ses pulsions n'a que le choix de les maintenir caché.

Les maintenir caché consciemment, mais aussi et surtout inconsciemment, qu'il passe à l'acte ou non. On notera que beaucoup de criminels dévoilés dans leurs crimes se disent soulagé d'etre enfin pris.

Cela nous indique que le passage à l'acte peut etre plus fort que la morale du sujet et que c'est le fait d'etre pris qui les libère de leur culpabilité d'etre passage à l'acte. Au fond le fait d'etre pris, dévoilé a le même résultat qu'une éventuelle demande d'aide qu'il aurait formulé.

le criminel qui attend de la société qu'elle lui donne l'interdit nous montre bien que l'interdit est chez lui un tabou: un interdit impensé et donc sur lequel il n'a pas la possibilité d'agir. Si la vie de sa victime était sacrée il ne serait pas passé à l'acte quel que soit son désir, sa pulsion.

 

Au-delà de la question de la sexualité dans le sens de la génitalité et plus généralement de la question du rapport de l'individu à l'autre et à son environnement, se pose la question de l'émergence du caché en tant que fondement des comportements.

Cet apocalypse (dans le sens originel du terme rendre visible le caché. se décline sous des formes très diverses avec toujours la même structure:

La forme c’est le fond qui remonte (V.Hugo). le message est dans la forme du message.

ce qui importe c'est ce qui est caché et l'apparence est une illusion.

 

. Le développement des pratiques spirituelles sauvages est peut etre le signe de l'émergence d'une forte demande de spiritualité qui est sans doute l'observable d'une demande de sacré.  Une même demande de sacré qu’on peut retrouver sous une forme criminelle dans les comportements terroristes qui peuvent etre vu comme des signes d’une souffrance par absence de spiritualité de sens, une souffrance due à l’absence  d’une idéologie forte et contenante pour des personnes désemparées.

Comment accompagner les individus d'un collectif à s'approprier l'interdit, devenir autonome par rapport à cet interdit ? on voit bien comment la conscience explicite joue un rôle important dans l'émergence du sacré. La parole partagée réuni les conditions de la construction d'une conscience partagée et explicite. Toutes les pratiques spirituelles depuis des millénaires l'ont bien compris.

Ce qui rend difficile la gestion des problématique liées à la sexualité c'est l'intrication des contradictions à la fois amour haine à la fois désir de posséder envie d'être aimé et par ailleurs le fait que les éléments de ces problématiques soient inconscient c'est-à-dire difficile à activer d'une manière constructive tant qu'on est dans l'aveuglement de l'inconscient et du désir le travail d'introspection que propose la psychologie est un travail des plus intéressant mais ne représente qu'une partie de l'action c'est-à-dire que même si l'introspection permet de mettre du sens sur des phénomènes, elle ne donne pas la capacité à les gérer. Pour gérer ses phénomènes il faut installer des comportements différents qui permettent de maîtriser ces mécanismes.

De la même manière que la violence du jeune enfant à l’école peut être canalisée et maîtrisée par l'apprentissage des rituels des arts martiaux, les pulsions et la violence qui est consubstantiel a la sexualité, peut être maîtrisée, canalisée par l'apprentissage de comportement différent qui soit plutôt source de relation constructive que de destruction. Se pose alors la question de savoir s'il y a prima de l'introspection sur l'éducation ou inverse ? En fait ceci est une fausse question car les deux sont articulés. C’est dans ce qui se passe dans l'apprentissage par la pratique des gestes de la relation d'amour qu’émergent à la conscience les enjeux inconscients, les paradoxes et les contradictions qui habite l’individu en souffrance. Et c'est par le travail de prise de conscience que permet l'introspection que peut se développer une attitude d'éveil, une conscience de ce qui est juste dans la relation à l'autre. 

 

Comment créer des espaces de pratiques qui permettent à l'individu de traiter de sa souffrance qui le conduit à des comportements déviants pour installer des comportements moins destructeurs ?

Dans des secteurs moins tabous comme l'addiction à l'alcool ou la drogue des comportements plus socialement admissibles, on a su mettre en place des groupes de parole, des campagnes d'information. Mais le prédateur sexuel est enfermé dans le tabou, a bien conscience du coté autodestructeur de son comportement mais est enfermé dans son tabou au point bien souvent d'espérer etre découvert pour s’en libérer.

 

 

 

 

[1] Même s’il reste ordinaire en principe cela ne produit pas d’extase ou d’entase !

[2] La transe hypnotique est cet état ou tous les canaux sensoriels sont ouvert et le mental plutôt inhibé afin de permettre à l’inconscient de produire quelque chose de l’ordre du rêve éveillé.

[3] c’est-à-dire en en faisant un objet social légitime et digne d’attention et de respect

 

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